De l’amour et du bonheur

Il en va de même avec la crise. Il n’est pas grave que nos relations soient dans le four alchimique de la transformation, c’est même nécessaire. Nous ne pouvons pas faire l’économie de la crise. Elle permet de passer à de nouvelles valeurs. Elle est un processus de purification naturelle.

Son but est de nous faire abandonner l’illusion d’un bonheur qui se trouverait dans l’autre, dans le bon partenaire, dans l’être parfait que nous pourrions rencontrer et qui viendrait tout régler pour nous. Cette prise de conscience est essentielle, car elle est la condition sine qua none d’une réalisation encore plus importante, à savoir que l’Amour n’est pas une relation, l’Amour est un état. La visée secrète de ce processus de transformation est de nous faire réaliser que l’Amour existe déjà en nous. Il préexiste à toute relation et nous pouvons nous y nourrir sans cesse.

L’épreuve de la relation provoque un retour à soi qui permet à la longue l’union entre deux êtres souverains qui célèbrent la joie d’exister. Car voilà ce à quoi nous sommes conviés par les forces vives de l’existence : la célébration consciente et partagée de la joie de vivre. Beaucoup de sages ont pu réaliser l’identification suprême avec l’Un, seuls dans une caverne ou dans un monastère, il est maintenant temps d’étendre cette réalisation à la vie collective en passant par la vie à deux, et la vie de famille.

Guy Corneau. N’y a-t-il pas d’amour heureux ? Jai Lu. 2003