Bach. La seule réponse
La seule réponse que je puisse te faire, Jonathan, c’est que je n’ai jamais rencontré, sur un million d’oiseaux, un seul qui fût semblable à toi. Pour la plupart nous progressons si lentement ! Nous passons d’un monde dans un autre qui lui est presque identique, oubliant sur-le-champ d’où nous venons, peu soucieux de comprendre vers quoi nous sommes conduits, ne vivant que pour l’instant présent. As-tu idée du nombre de vies qu’il nous aura fallu vivre avant que de soupçonner qu’il puisse y avoir mieux à faire dans l’existence que manger, ou se battre, ou bien conquérir le pouvoir aux dépens de la communauté ? Mille vies, Jon, dix mille ! et cent autres vies ensuite avant que nous ne commencions à comprendre qu’il existe une chose qui se nomme perfection, et cent autres encore pour admettre que notre seule raison de vivre est de dégager cette perfection et de la proclamer Cette règle est toujours valable pour nous, bien sûr, car nous ne choisissons le prochain monde où nous vivrons qu’en fonction de ce que nous apprenons dans celui-ci. N’apprenons rien et le prochain monde sera identique, avec les mêmes poids morts à soulever, les mêmes interdits à combattre…
Richard Bach. Jonathan Livingston le Goéland. J’ai Lu. 2000

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